Les casernes toulousaines à vendre. Réaction des maires de Portet et de Cugnaux.

Par • 18 Oct 2008 • Rubrique: Presse, Presse Francazal

Lu dans la presse

Publié le 18/10/2008 09:23 | J.-P. R.

Les casernes toulousaines à vendre

Armée. L’État promet une école militaire à Francazal et lance un schéma directeur pour la restructuration des sites militaires.

Photo DDM, Xavier de Fenoyl
Photo DDM, Xavier de Fenoyl

Une page de l’histoire toulousaine est en train de se tourner. L’histoire militaire et aérienne de Toulouse et son histoire tout court. L’annonce de la refonte de la carte militaire, en septembre dernier, a signé l’arrêt de mort de la base aérienne de Toulouse-Francazal. La piste qui a vu décoller Mermoz, Saint-Exupéry et autre Daurat avant de devenir, depuis 1934, une base de l’armée de l’Air sera fermée en août 2010. Les quelque huit cents militaires et civils qui y travaillent encore ne seront plus que 450 l’an prochain et la BA101 fermera ses portes en 2010 pour être intégrée à la base aérienne d’Orléans.

La chute du bastion Francazal agit comme un domino sur tout le Légo militaire du Grand Toulouse. Certes, le 1er RTP (régiment de train parachutiste) de l’armée de Terre et les hélicos de la gendarmerie stationneront encore sur le site du sud-ouest toulousain. Mais la retraite de l’armée, annoncée par le départ du Giat ou l’abandon de la caserne Niel, touchera aussi d’autres sites militaires. La caserne Pérignon, où des milliers de Toulousains et Midi-Pyrénéens ont fait leurs « trois jours », est sous la pression immobilière : « On est prêts à prendre tout le foncier disponible » lance Daniel Benyahia, premier adjoint au maire de Toulouse, chargé de l’urbanisme. Et même en période de crise immobilière, un tel site à deux pas du canal du Midi, face au Caousou, devrait faire saliver promoteurs et organismes de construction HLM.

Le site de Balma-Ballon, aux portes du périphérique, quoiqu’en zone inondable (tout proche de l’Hers) pourrait lui aussi quitter le giron militaire si les services (et les 250 militaires) qui s’y trouvent sont transférés sur le palais Niel.

« Une hypothèse de travail en discussion dans le cadre du schéma directeur de la restructuration des sites militaires, dont on connaîtra les premières orientations à la fin 2008 », explique-t-on à la préfecture au lendemain de la grande réunion qui a eu lieu vendredi avec représentants de l’état-major, du ministère de la Défense et des collectivités locales.

Alors, l’armée brade tout ? «Des sites seront confortés », assure le préfet Bur qui annonce la création d’une école de la deuxième chance à Francazal, tandis que CEAT-Balma et Muret profitent de reclassements divers. La Grande Muette risque bien de devenir, à Toulouse, la grande absente.


Quid de Pérignon, Niel, Francazal, Balma ?

Une école de la deuxième chance ou Epid (établissement public d’insertion de la défense) sera créée sur un terrain de 10 ha au nord de Francazal, jouxtant l’actuel 1er RTP (régiment de train parachutiste) de l’armée de Terre, conforté sur ses 14 ha de superficie, comme les hélicoptères de la gendarmerie. Cette Epid pourra accueillir 240 jeunes encadrés par une centaine de personnels d’encadrement des armées. Une étude sur le devenir de l’emprise de la BA 101 (260 à 270 ha), répartie sur les communes de Cugnaux et Portet (85 à 90 ha), sera engagée et financée par l’État, avec les collectivités locales qui devront valider le cahier des charges avant fin 2008.

Si les casernes de Pérignon, dans le quartier résidentiel de Guilhémery face au Caousou, à Toulouse, et les installations de Balma-Ballon, en périphérie proche de la Ville rose, peuvent susciter convoitises et projets immobiliers, l’armée n’a pas annoncé officiellement leur abandon. Un renforcement et une centralisation des services militaires autour du prestigieux Palais Niel font toutefois partie des hypothèses de travail étudiées dans le cadre du schéma directeur de la restructuration des sites militaires de l’agglomération, dont on connaîtra les premières orientations en fin d’année. Le CEAT à Balma sera, lui, conforté, avec la venue de 125 militaires reclassés en sus.


3e Mat de Muret gagnant

En jargon sportif, le 3e régiment du Matériel de Muret est le gagnant de la réforme de la carte militaire. Concrètement, il pérennise son implantation centrale à Muret. La phase de regroupement qui s’étalera jusqu’en 2010-2012 ramènera sur Muret les détachements de Pau, Brive et Tarbes, soit l’équivalent d’une compagnie à 80 militaires et leur famille. Parallèlement, l’état-major du 3e Rmat, sous l’autorité du chef de corps, prend sous contrôle le détachement de Vayres ce qui apporte au régiment la maîtrise de la technologie de l’électronique et de l’armement. D’autre part, la responsabilité de la cellule maintenance des parachutes basée à la 11e BSMAT de Montauban, en voie de disparition, incombera au 3e Rmat. Actuellement la compagnie de parachutistes basée à Balma rejoint Muret par la volonté d’y regrouper les forces opérationnelles parachutistes. À l’horizon 2012, l’effectif du régiment atteindra le millier de personnels, répartis sur les sites de Muret, Montauban, Sedzère et Vayres.


Réactions

Philippe Guérin : « Nous refuserons tout projet nuisant pour les riverains »

Philippe Guérin, maire PRG de Cugnaux, représentait vendredi à la préfecture la communauté d’agglomération du Grand Toulouse et le conseil régional : « J’ai dénoncé l’abandon de la base aérienne de Toulouse-Francazal. Les collectivités seront associées au comité de pilotage qui évoquera le devenir de la base, suite à notre demande. Les terrains déclassés devront être intégrés au plan local d’urbanisme des communes concernées. Pour ce qui est du projet, il devra être porteur d’activités économiques, si possible dans la continuité aéronautique du Grand Toulouse, plutôt que de logements. Nous refuserons tout projet nuisant pour les populations. Des études de sol seront nécessaires, avant de récupérer les terrains qui devront être dépollués. Le site a été bombardé en 1945. Le suivi et le reclassement des populations militaires et civiles du site seront prépondérants. Il n’est pas question de faire ici un aéroport de fret, d’ailleurs, c’est impossible techniquement ».

Thierry Suaud, maire PS de Portet : « Il n’est pas question de zone commerciale ou de Palais des Congrès ici, ce serait l’asphyxie de cette zone enclavée. Il est aussi hors de question que l’État rende ces terrains non dépollués. L’État ne doit pas spéculer sur ces terrains. Le départ de la BA101 doit être l’occasion d’une nouvelle chance mais pas celle de répartir la circulation aérienne au-dessus de Portet. Si le foncier se libère, nous aurons notre mot à dire. Il serait bon de valoriser la piste. ».

Martine Costes, 1re adjointe au maire PS de Balma : « Le CEAT va être conforté en récupérant 125 militaires en plus. pour Balma-Ballon, la décision de maintien ou de fermeture n’est pas prise. On n’a pas voulu nous dire quand cela sera décidé ni ce que va devenir le personnel ».

Daniel Benyahia, adjoint à l’urbanisme de Toulouse : « On est prêts à prendre tout le foncier laissé disponible par l’armée sur Toulouse ».

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