Francazal

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Des rumeurs de fermeture de la base courent depuis de nombreuses années

Photo de PhilOurs (sur Google Earth)

Photo de Phil’Ours (sur Google Earth)

La base aérienne 101 est la plus ancienne base aérienne française. Créée en 1934, elle comptait plus de 2500 personnes dans les années 70 – 80 à l’époque de la conscription. Elle s’étend sur les communes de Cugnaux, Portet sur Garonne et Toulouse (voir carte). Outre l’armée de l’air elle accueille également le 1er RTP (régiment du train parachutiste) sur la partie toulousaine de la base.

Les rumeurs sur la fermeture de la base sont récurrentes depuis plus de 10 ans.

En 2007, le projet de fermeture se précise : nous réagissons

Depuis bientôt 18 mois, nous savions que l’armée de l’air réduirait fortement sa présence sur la base de Francazal. Nous avions, à l’époque, pris position au conseil municipal (déclaration de février 2007). Le général commandant la région militaire avait alors indiqué au maire qu’il ne resterait que 200 aviateurs en 2009, mais la piste resterait ouverte pour les parachutistes. Parallèlement, l’armée de terre regrouperait sur la base un certain nombre d’unités. La base passerait sous responsabilité de l’armée de terre et deviendrait une BSVIA (base de soutien à vocation interarmées). Globalement les effectifs militaires (air + terre) ne diminueraient que de 2 à 300. Voilà où nous en étions en mars 2007, les études sur la modernisation de la défense étaient déjà largement avancées.

Coup de théâtre : la fermeture est décidée sans les contreparties annoncées

Le 25 juillet dernier Hervé Morin, ministre de la défense a annoncé la fermeture de la base de Francazal à compter de 2009. Un détachement air sera mis en place pendant un an pour permettre de gérer la déflation d’effectifs. L’ensemble des décisions prises est consultable sur le site du Ministère de la Défense (voir en particulier le document Nouveau dispositif territorial, page 10).

Que s’est-il passé depuis pour que la base aérienne ferme définitivement, pour que l’armée de terre se regroupe sur Balma et sur Muret, pour que la BSVIA ne voie pas le jour ?

Nous n’en savons rien avec certitude, mais on ne peut pas s’empêcher de penser que la polémique inutile avec l’armée à propos du cimetière et l’arrêté d’interdiction de mourir ont pu laisser des traces. En dernière minute, Cugnaux a fait les frais des derniers arbitrages du ministère de la défense. Cugnaux est la seule commune de l’agglomération toulousaine qui paie, puisque le plan de modernisation de la défense prévoit pour la Haute Garonne une diminution des effectifs de 1074 sur Cugnaux et une augmentation sur Balma (+129), Toulouse (+193) et Muret (+81). (Données extraites du document sur les effectifs en Haute Garonne). Curieux tout de même !…..

Les élus de Servir Cugnaux ont exprimé leur réaction sur la fermeture de la base dans un communiqué du 31 juillet publié le 4 août dernier. Nous complèterons ces informations au fur et à mesure de l’avancement de ce dossier.

Le maire s’indigne puis se tait, nous proposons…

L’annonce de la fermeture de Francazal a provoqué un grand émoi dans l’agglomération toulousaine.

Le maire, comme à son habitude, a étalé son désappointement et sa réprobation devant les médias mais n’a rien proposé.

Pis, il ne lui est pas venu à l’esprit de réunir un conseil municipal exceptionnel pour examiner la situation créée par cet événement.

Il n’a pas non plus pris la peine d’informer ses concitoyens sur les initiatives qu’il a l’intention de prendre.

Face à cette incurie, les élus de Servir Cugnaux ont adressé le 10 août une lettre ouverte au maire, au président de la Communauté d’agglomération du Grand Toulouse et à tous les élus concernés, dans laquelle ils suggèrent d’implanter le nouveau Parc des expositions sur l’espace abandonné par l’armée, afin de le revitaliser.

Automne 2008 : notre suggestion d’accueillir le futur Parc des expositions reste sans écho et les déclarations contradictoires se multiplient

Au cours du conseil municipal du 10 septembre 2008, le maire fait adopter à l’unanimité une motion dont les termes généraux ne dévoilent pas ses désidératas sur l’avenir de la base, mais il refuse d’examiner le vœu déposé par Servir Cugnaux qui propose d’accueillir le futur Parc des expositions de Toulouse.

Les déclarations contradictoires se multiplient :

  • le 17 octobre, le maire de Portet déclare à la Dépêche du midi qu’il serait bon de valoriser la piste,
  • le 20 octobre, lors d’une rencontre avec les syndicats des personnels civils de la Défense, le maire de Cugnaux évoque la possibilité de transférer l’aviation d’affaires de Blagnac sur Francazal, alors qu’il vient de déclarer à la Dépêche du midi qu’il n’acceptera aucune nuisance pour les riverains de Francazal,
  • le 21 octobre, le préfet annonce l’étude du délestage du fret de l’aéroport de Blagnac sur Francazal.

Seule chose certaine : une étude financée par l’Etat doit débuter à la fin de l’année. Dans ces conditions, comment prendre au sérieux les affirmations des uns et des autres.

Face à cette situation opaque, Servir Cugnaux a préféré prendre les devants en proposant une pétition qui rejette les nuisances et revendique pour cette zone une reconversion vraiment favorable à Cugnaux et à ses habitants.

Jugeant que la sérénité de Cugnaux et des environs est menacée, Servir Cugnaux a informé la population par voie de tract pour l’inviter à signer cette pétition : il faut absolument faire connaitre l’opposition de la population à toute utilisation future de la piste de Francazal.

Fin 2008 : En réaction au succès rencontré par la pétition « Que faire de Francazal ? », le maire multiplie les déclarations rassurantes

Bien que le maire ait déclaré, à l’issue de la réunion du 17 octobre 2008 en préfecture, qu’il « refuserait tout projet nuisant aux riverains », la population, troublée par d’autres propos contradictoires, a continué à signer massivement la pétition lancée au mois de septembre.

Dès lors, le maire va profiter de la tenue des réunions de consultation du PLU pour répéter à satiété qu’il est opposé à la conversion de Francazal en aéroport« de fret et d’aviation d’affaires ».

C’est ainsi qu’on trouve dans le compte rendu de la réunion plénière du 26 novembre la déclaration suivante :

Question : pouvez-vous vous engager à ce qu’il n’y ait plus d’aéroport à Francazal ?

Nous ne pouvons promettre à la place de l’État, qui pour l’instant est toujours propriétaire des terrains. Cependant, nous ne voulons pas de nuisances supplémentaires, donc pas d’aéroport de fret (d’ailleurs il existe un problème de longueur de piste) ni d’affaires, ni de tourisme.
Le départ de la base, au regard de son ancienneté, est triste ; a contrario c’est aussi un atout pour l’agglomération que de compter environ 300 ha disponibles en 1ère couronne.
L’idée serait de créer de la richesse, donc de l’activité, pour redistribuer, à l’échelle de l’agglomération, la répartition de la création de richesses.

Printemps 2009 : éclosion de nouvelles pistes

Le lancement de l’étude financée par l’Etat se concrétise -lentement – par l’approbation d’un cahier des charges en vue d’un appel à candidatures pour l’étude d’un projet de reconversion de Francazal.

L’appel de candidatures et le cahier des charges précisent que les postulants devront avoir des compétences en aménagement aéroportuaire.

Interpellé sur ce point par l’opposition, à la fin du Conseil municipal du 23 mars 2009, le maire justifie cette exigence par le fait qu’il fallait pouvoir faire l’étude la plus large possible et ne négliger aucune hypothèse, et il va même jusqu’à dévoiler que, selon lui, l’installation d’un constructeur aéronautique serait une bonne chose pour Cugnaux.

Cette révélation de l’existence d’un plan inavoué du maire est à rapprocher de nombreuses déclarations, émanant parfois d’autres protagonistes :

« On s’acheminerait en fait vers la création d’une zone d’activités à vocation aéronautique » (Le maire de Cugnaux, septembre 2008)
« On dispose de ces infrastructures aéronautiques et notre stratégie est de voir s’il y a des possibilités à partir de ça » (Le maire de Cugnaux, septembre 2008)
« Pour ce qui est du projet, il devra être porteur d’activités économiques, si possible dans la continuité aéronautique du Grand Toulouse » (Le Maire de Cugnaux) « Il serait bon de valoriser la piste » (Le maire de Portet-sur-Garonne, octobre 2008)
« … Des entreprises du secteur aéronautique pourraient notamment s’y implanter… » (Le maire de Cugnaux, octobre 2008)

La situation, en ce début de printemps 2009, est préoccupante. On pourrait penser que la pétition exprimant la volonté de nombreux habitants de Cugnaux et des communes voisines, a été entendue, puisque le maire a affirmé que Francazal n’accueillerait ni fret ni aviation d’affaires, mais la menace de nuisances intolérables sur ce secteur de l’agglomération est-elle écartée pour autant ? Le maire a-t-il pris en compte les nuisances sonores que ne manqueraient pas d’occasionner les essais d’avions en construction ou en maintenance ?

Le pire est à craindre et il est urgent d’envisager toutes les initiatives utiles pour éviter d’être mis devant le fait accompli. En effet, il serait illusoire d’attendre la réunion de la commission municipale sur Francazal pour y exposer des propositions alternatives sur la reconversion du site, car le maire a clairement indiqué, au cours du conseil municipal du 23 mars, qu’il ne réunirait pas cette commission avant de connaître les conclusions de l’étude financée par l’Etat. A ce moment là, il sera trop tard !

Index des publications :

Les informations factuelles concernant Francazal se trouvent dans la rubrique « Points de repère« 

Les positions de « Servir Cugnaux » sur la fermeture de la base :

Les articles parus dans la « presse« 

Toutes nos publications peuvent être consultées à partir de la page d’accueil du site en cliquant sur le sujet « Francazal » (dans la colonne de droite).

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